"CÔTÉ TOULOUSE" met en lumière l'action de David ELBAZ

durant la résistance, à la Cartoucherie.

Notre association épaule l'historien Patrice CASTEL dans sa démarche pour faire apposer dans le nouvel écoquartier de la Cartoucherie une plaque commémorative rappelant l'engagement de ce grand résistant.


rue Roger SICRE, rue André SAVÈS, rue Jean GUIMÉRA.

Pendant des années, la mémoire de nos trois camarades fut honorée régulièrement  au monument aux morts de l'ATE (les 8 mai et 11 novembre) mais également à l'Atelier Central, là où ils avaient travaillé. Tous les 12 juin, le syndicat CGT de la Cartoucherie organisait une remise de gerbe et appelait à respecter une minute de silence à la mémoire des trois ouvriers.

Qui aurait pensé à l'époque que leurs noms, un jour, seraient donnés à des rues sillonnant un quartier d'habitations construit à la place des ateliers ?

Ce sera bientôt chose faite puisque le Conseil Municipal de la Ville de Toulouse l'a décidé lors de sa séance du 14 juin 2019. Notre association se félicite de cette décision qui permet de révéler à tous ce que furent leur combat et leur sacrifice, enfin sortis de l'ombre.       

Unis dans l'action, ensemble dénoncés et déportés, ils resteront côte à côte comme les rues qui les honorent.

             (voir plan ci-dessus).


Cartes postales de la Cartoucherie en 14-18

Ces deux photographies montrant des salariés de la Cartoucherie ont été dénichées sur internet. 

Datées des 21 et 29 octobre 1917, elles témoignent de l'activité de caisserie pour l'obus de 75 mm.



13 juin 1943    -    Souvenir de Berlin.

Cette photo de groupe a été prise le jour de Pentecôte, à Berlin. 

Debouts et de gauche à droite : Mrs Mayran, Alliens, Comère, Aversenq, Montferran, Maury, Peyre.

Accroupis : Mrs Denille, Benné, Simon, Labroue, Izard.  Ces jeunes cartouchiers furent, parmi d'autres, réquisitionnés autoritairement par l'entreprise pour aller travailler en Allemagne au titre de la Relève (3 ouvriers échangés contre 1 prisonnier de guerre). Partis le 12 janvier 1943, la plupart n'en revinrent qu'en 1945.

Parmi eux se trouve Marcel Labroue qui périt le 7 juillet 1944 lors du bombardement de Leipzig, il venait d'avoir 23 ans.       Il figurait sur le monument aux morts de l'ATE.

                Merci à Monsieur Jean BENNÉ pour nous avoir procuré cette photo et nous en avoir raconté l'histoire.

Jean BENNÉ relate ses 28 mois passés en Allemagne.

C’est dans le courant de 2018 que Pierre Benné nous a contacté pour nous informer que son père, Jean, ancien cartouchier comme lui, possédait une photo où figurait Marcel Labroue dont le nom est gravé sur le monument aux morts de l’ATE.

Suite à un long entretien que nous avons eu avec le père et le fils, Jean nous a procuré plusieurs photos de sa vie passée à la Cartoucherie.

Parmi elles, la photo de groupe prise à Berlin en 1943 méritait un petit rappel historique sur les conditions qui les conduirent, lui et ses camarades à partir pour l’Allemagne.

 

Monsieur Jean Benné, aujourd’hui âgé de 98 ans, fut apprenti à l’école de la Cartoucherie d’où il sortit en 1939, affecté comme ajusteur à l’Atelier Central.

Le 11 novembre 1942, la zone libre est envahie, Toulouse est occupée par les troupes nazies.

Tout juste plus d’un mois après, le 23 décembre 1942, la Direction de l’ATE envoie un ordre de réquisition à vingt jeunes ouvriers. Jean Benné fait partie de ceux-là, il n’a alors que 21 ans.

                  


Parti de Toulouse le 12 janvier 1943, il ne reverra la ville rose et ne retrouvera les siens que le 5 mai 1945.

La loi n° 51-538 du 14 mai 1951 les reconnaîtra comme   PCT   (personnes contraintes au travail en pays ennemi).


La lampe du retraité ...  souvenir d'un passé révolu.

Les plus anciens se souviennent encore de leur départ à la retraite.

La plupart du temps, un pot d'adieu immortalisait ce moment dans le service, le bureau ou l'atelier dans lequel il avait travaillé. Rassemblant amis et camarades de travail, c'était l'occasion de se rappeler les grands faits marquants de la carrière du partant, ceux qui avaient fait l'histoire de la Cartoucherie. 

Toutes et tous étaient là pour le saluer et l'honorer de leur amitié. Ce moment festif se déroulait autour d'un verre,  en dehors des heures de travail, après que le héros de la fête soit rentré de son entrevue avec le Directeur de l'établissement.


Chose rare mais ce jour là, ce dernier tenait à lui offrir la  "Lampe du Retraité".  En 1964, 1965, sous le directeur Paraire, cette lampe de "conception maison" était réalisée grâce à des éléments rentrants dans la fabrication des munitions, surmontés d'un abat-jour acheté.

On était chiche car chez nous à l'époque, il n'y avait pas encore de Comité d'Entreprise !

Plus tard, ce sera une lampe acquise dans le commerce qui fera l'affaire, jusque dans les années 2000. Pour parfaire le cadeau, un exemplaire photocopié d'un poème d'André Saurel (dit l'agneau) était joint à cette oeuvre.

Merci à Pierre BENNÉ et à son père Jean de nous avoir procurer les documents nécessaires à cet article.


Lucien Vieillard résistant ..... infiltré à la cartoucherie de Toulouse

 

 

Le temps passant, les témoins de la libération de Toulouse, le 19 août 1944, sont de moins en moins nombreux.

Lucien Vieillard fait partie des ces hommes qui ont participé activement à la résistance, il fut notamment infiltré au sein de notre usine.


Visionnez son témoignage en suivant le lien

'Lucien Vieillard un infiltré à la cartoucherie de Toulouse'


Voici enfin disponible pour tous la plaquette de l'AACT.

Ce condensé d'informations réalisé pour informer un large public, résume brièvement l'histoire du site et donne une idée sur quelques-unes des activités de la Cartoucherie de Toulouse.

Nous l'avons éditée pour faire connaître l'AACT auprès de chacun(e) d'entre vous.

Prenez en simplement connaissance ou mieux encore, 

téléchargez la pour pouvoir l'imprimer (recto verso) et la diffuser autour de vous !



Chronographe électro-balistique   « LE BOULENGÉ »

Parmi les documents et les objets que notre association a récupéré, il en est un qui est resté quelques temps une énigme.

 

C'est grâce à l'enquête réalisée par Alain Pardon que nous savons aujourd'hui à quoi servait ce drôle de machin.

 

Nous vous invitons à lire l'article ci-contre qu'il a réalisé pour nous expliquer l'histoire et  l'utilisation de ce chronographe.

Photo parue dans l'article de La Dépêche du Midi datée du 28 janvier 2018.





 

En 1966,

 

la Cartoucherie c'est : 

+  de  2000 machines

15,5 km de routes,

6,5 km de voies ferrées,

82 hectares de terrain,

295 bâtiments,

160 047 m2 de surfaces couvertes,

etc, etc .....

 Dans ce document daté du 10 mars 1966, le service BM* dresse, en trois parties, un état des lieux de la Cartoucherie.       

   On y apprend

     - le   Potentiel industriel de l'ATE 

     - les Consommations de l'année 1965

     - les Superficies.

 

 

 

 

       * Bâtiments et Moteurs



 Des fabrications civiles à l'ATE ?

 

Certains s'en souviennent, d'autres en ont entendu parler : après la deuxième guerre mondiale, les usines d'armements ont vu leurs cahiers de charge s'amenuiser de façon importante.

Pour pallier à ce manque d'activités, la Cartoucherie, comme d'autres établissements, eut recours à la fabrication de matériels civils.

 

Sur cette liste datée de juin 1989, Louis GAUBERT, un ancien de l'époque, se remémore les quelques productions réalisées après guerre.


Gaston Monnerville, cartouchier à Toulouse ....

Ce Martiniquais, petit-fils d'esclave devenu avocat, deviendra plus tard Président du Conseil. 

Mais qui savait, qu'étudiant à Toulouse de 1913 à 1921, il travailla un temps comme ouvrier à la Cartoucherie pour se payer ses études ?                

                         Vous trouverez ci-après une évocation de son passage dans notre ville, écrite par la Bâtonnier Jean-Louis MATHEU.



Le Cartouchier

Chacun reconnaitra ici la créativité et le coup de crayon de Gérard Dupin sur différentes couvertures de l'un des journaux syndicaux de la Cartoucherie



Quand le temps nous était compté !


Accident avenue de Grande Bretagne

Effervescence porte 1Bis, sur l'avenue de Grande Bretagne.


Une 4 Cv Renault se retrouve sur le trottoir en pleine heure de pointe ! 

 

Nous sommes passés à côté d'un drame.


Un tweet et nos reporters accourent !

 

La scène en images ........


Les résultats du constat de la maréchaussée prochainement.



La cartoucherie vue du ciel (Années 70)


Il était une fois le château d'eau

Pour beaucoup de Cartouchier(e)s, le château d’eau représentait une réserve aussi banale que celle que l’on peut voir en plaine ou sur le point culminant d’une colline dans la plupart de nos villages.

Mais celui de la cartoucherie était un site très particulier à plus d’un titre.

 Il abritait une installation de contrôle dont les résultats permettaient de prononcer ou non l’admission des lots de cartouches.

En effet le château d’eau servait de tour pour pratiquer les essais de chute notamment sur la cartouche de 30-550.

On peut voir sur la photo, au-dessus de la porte d’entrée du local d’essai, le tube dans lequel était hissé la cartouche au moyen d’un câble et d’un pédalier de bicyclette.

Photos  du château d'eau et de la  nappe prises par J.C. BIGAUT.
Photos du château d'eau et de la nappe prises par J.C. BIGAUT.

A droite sur la photo du château d'eau, une dalle  béton ainsi qu'une toiture au ras du sol protègent la nappe "à ciel ouvert" de puisage.


Après ce descriptif du site, il faut comprendre pourquoi cet essai (un peu barbare) était réalisé. Pour nous y aider, revenons à quelques considérations relatives à la cinématique et à l’énergie cinétique d’une arme de 30-550 dont la cadence de tir est voisine de 1500 coups par minute. La cartouche de 30 dans sa phase d’introduction dans la chambre de l’arme est soumise à une très forte décélération car sa vitesse d’introduction devient nulle quand la cartouche arrive au contact de son logement avant la mise à feu. Cet arrêt brutal se traduit par un dessertissage partiel de l’obus : ce dessertissage était caractérisé par la mesure de la longueur de la cartouche après le choc d’introduction. (en ayant pris soin de l’avoir mesurée avant) 

  • Principe de l’essai: La cartouche inerte était logée en position verticale dans un réceptacle pour reproduire un choc d’introduction dans la chambre de l’arme avec une masse parfaitement calibrée et invariable. Ce boitier réceptacle était hissé à la hauteur convenue et décroché pour tomber en chute libre. La chute se faisait sur une plaque d’acier elle-même posée sur un lit de sable. L’impact était censé reproduire un choc d’introduction et permettait d’évaluer l’allongement après la chute. Notre château d’eau servait donc de tour pour pratiquer ces essais de chute. L’installation dans son principe était relativement simple voire même un peu empirique de l’avis de certains.
  • Justificatifs de cet essai : Sans vouloir rentrer dans des considérations trop pyrotechniques il faut néanmoins préciser qu’après la mise à feu, la montée en pression des gaz dans la douille ne peut se faire que dans la mesure où l’obus est lié à la douille. Cette liaison était donc caractérisée par la mesure des efforts d’arrachement et des allongements aux chocs d’introduction. Ces deux grandeurs devaient être parfaitement maîtrisées pour assurer le développement d’une courbe de pression satisfaisante. Pour cette raison donc, il existait dans les spécifications de contrôle constructeur cet essai de chute pour évaluer la bonne liaison douille/obus.

       Les experts qui ont souvent planché sur le sujet se rappelleront de : la forme de la gorge de l’obus, la qualité de la laque et du vernis d’étanchéité, les caractéristiques mécaniques du collet de la douille, le serrage tenon/douille, les conditions de sertissage etc…comme étant autant de variables capables de modifier les résultats.

A.P.                        

Souvenirs du Service Méthodes Munitions